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    Vidéosurveillance en copropriété et loi : règles, vote et interphonie

    14 septembre 2026
    9 min de lecture

    Pour installer des caméras dans un immeuble résidentiel, la vidéosurveillance en copropriété est encadrée par la loi du 10 juillet 1965 et par les règlements de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Toute installation doit faire l'objet d'un vote préalable en assemblée générale et respecter scrupuleusement la vie privée des résidents ainsi que des tiers. Les caméras ne peuvent filmer que les parties communes strictement nécessaires à la sécurité sans jamais pointer vers les portes privatives ou la voie publique.

    Renforcer la sécurité d'un immeuble collectif représente une démarche fréquente pour prévenir les dégradations, les cambriolages ou les intrusions indésirables. Toutefois, entre les exigences de la législation sur la protection des données personnelles, les règles d'accessibilité et les mécanismes de décision en copropriété, les démarches requièrent une méthodologie rigoureuse. Vous pouvez d'ailleurs consulter notre blog immobilier pour mieux appréhender la gestion des immeubles collectifs.

    Que dit la loi sur la vidéosurveillance en copropriété ?

    Le cadre légal français distingue nettement les espaces ouverts au public des espaces privés. Dans une copropriété fermée, les halls d'entrée, les couloirs, les cours intérieures, les locaux à vélos et les parkings constituent des parties communes privées. L'installation d'un dispositif de caméras ne requiert pas d'autorisation préfectorale, sauf si l'un des espaces est directement accessible à des personnes extérieures sans contrôle préalable, comme un commerce au rez-de-chaussée.

    Les règles de la CNIL et du RGPD pour les caméras

    La CNIL impose que tout traitement d'images respecte le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, agit comme responsable de traitement. À ce titre, plusieurs obligations légales s'imposent :

    • La proportionnalité du dispositif : les caméras doivent être strictement justifiées par un impératif de sécurité des biens ou des personnes. Il n'est pas permis d'installer une caméra pour surveiller les horaires de passage des occupants ou le travail du personnel d'entretien.
    • La durée de conservation des images : les enregistrements doivent être conservés pendant une durée maximale de 30 jours, conformément aux recommandations de la CNIL. En pratique, une durée de 8 à 15 jours s'avère souvent suffisante pour constater une éventuelle infraction.
    • L'information claire des résidents et visiteurs : des panneaux d'affichage visibles doivent indiquer l'existence du système, le nom du responsable de traitement, les finalités de la surveillance et les modalités pour exercer son droit d'accès aux images.
    • L'accès restreint aux vidéos : seules les personnes habilitées (le syndic, ou les membres du conseil syndical expressément désignés par l'assemblée générale) peuvent visionner les images en cas d'incident avéré, ou les transmettre aux forces de l'ordre sur réquisition judiciaire.

    Quelles zones peuvent être filmées en immeuble collectif ?

    Le respect de la vie privée interdit formellement de braquer une caméra vers une zone privative. L'objectif ne doit en aucun cas capter l'intérieur d'un logement, les fenêtres, les balcons ou le seuil immédiat d'une porte d'appartement. De la même façon, une caméra orientée vers l'extérieur de l'immeuble ne doit jamais enregistrer les passants sur le trottoir ou la voie publique, sous peine de sanctions pénales.

    Les zones légalement filmables sont limitées aux accès généraux (portes d'entrée de l'immeuble, portails de garage), aux axes de circulation communs stratégiques, aux locaux techniques et aux parcs de stationnement intérieurs.

    Comment voter l'installation d'une caméra en assemblée générale ?

    Le déploiement d'équipements de sécurité ne peut pas découler d'une décision unilatérale du syndic ou du conseil syndical. Pour voter une caméra en assemblée générale, le projet doit être formellement inscrit à l'ordre du jour et soumis au vote des copropriétaires selon des règles de majorité précises fixées par la loi du 10 juillet 1965.

    La majorité requise : article 25 et passerelle de l'article 25-1

    L'installation d'un système de vidéosurveillance destiné à la sécurité des parties communes relève de l'article 25 de la loi de 1965. Cette disposition exige la majorité absolue des voix de l'ensemble des copropriétaires, qu'ils soient présents, représentés ou absents :

    • Premier vote à l'article 25 : la résolution est adoptée si elle recueille plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires de l'immeuble (501 tantièmes sur 1 000 par exemple).
    • Passerelle de l'article 25-1 : si le projet n'obtient pas la majorité absolue mais recueille au moins un tiers des voix de la totalité des copropriétaires, l'assemblée générale peut procéder immédiatement à un second vote à la majorité simple de l'article 24 (majorité des voix exprimées par les présents et représentés).

    Si le projet ne franchit pas le seuil du tiers des voix lors du premier tour, une nouvelle assemblée générale devra être convoquée dans un délai maximal de trois mois pour revoter à la majorité de l'article 24.

    La préparation du dossier par le conseil syndical et le syndic

    Pour maximiser les chances d'adoption du projet, le conseil syndical doit solliciter plusieurs devis auprès d'installateurs professionnels certifiés. L'ordre du jour de l'assemblée générale doit comporter des éléments explicites : le plan d'implantation prévisionnel des caméras, le devis retenu, la durée de conservation des enregistrements, le coût de maintenance annuel et les modalités de gestion des accès aux bandes vidéo.

    Contrôle d'accès : interphone, digicode et badge Vigik

    En complément des caméras, la sécurisation des accès repose traditionnellement sur la mise en place d'un système de filtrage à l'entrée de l'immeuble. Qu'il s'agisse d'un digicode, d'un interphone audio ou d'un visiophone, la technologie retenue impacte à la fois le confort quotidien et les charges de copropriété.

    Le système Vigik et la fermeture des accès

    Le standard Vigik, développé à l'origine sous l'impulsion de La Poste, permet de réguler l'accès des prestataires extérieurs (facteurs, distributeurs de presse, services d'urgence, agents d'entretien) aux parties communes grâce à des badges électroniques programmables sans contact. Contrairement aux anciens passes universels, les droits d'accès Vigik sont temporaires et sécurisés, ce qui réduit considérablement le risque de duplication non maîtrisée.

    Sur le plan juridique, la fermeture totale de l'immeuble relève en principe de l'article 26 de la loi de 1965 si l'immeuble accueille des professions libérales ou des commerces autorisés par le règlement de copropriété, afin de préserver l'accès de leur clientèle. En l'absence de telles contraintes, la fermeture des accès peut être votée aux conditions de l'article 25.

    Comparatif : interphone filaire classique vs interphone GSM connecté

    Deux grandes technologies coexistent aujourd'hui pour équiper les entrées de copropriétés :

    • L'interphonie filaire : chaque appartement dispose d'un combiné ou d'un moniteur physique relié à la platine de rue par un câblage dans les gaines techniques de l'immeuble. La solution offre une excellente stabilité, mais ses coûts d'installation initiaux sont élevés, particulièrement en rénovation lorsque les gaines sont vétustes.
    • L'interphone GSM sans fil : le système ne nécessite aucun combiné dans les logements. La platine de rue intègre un module cellulaire muni d'une carte SIM qui redirige directement les appels audio ou vidéo vers le smartphone ou la ligne fixe du copropriétaire. L'installation est rapide et moins onéreuse, mais elle engendre un abonnement mensuel récurrent pour la copropriété.

    Coûts et budget : combien coûte la sécurisation d'un immeuble ?

    Le budget global d'un projet de sécurisation varie selon la taille de la résidence, le nombre d'accès à protéger et la vétusté des infrastructures électriques existantes. Voici un récapitulatif des ordres de grandeur constatés sur le marché français ainsi que les règles de vote associées.

    ÉquipementRègle de vote en AGEstimation indicative du coûtFrais de fonctionnement
    Vidéosurveillance (4 à 8 caméras HD + enregistreur)Article 25 (passerelle 25-1)3 000 € à 9 000 € selon câblageContrat de maintenance (150 € à 500 €/an)
    Platine interphone Vigik GSM (sans câblage intérieur)Article 25 ou 26 selon profil1 500 € à 3 500 € par entréeAbonnement télécom (15 € à 40 €/mois par platine)
    Interphone filaire avec moniteurs privatifsArticle 25250 € à 500 € par logementEntretien ponctuel des combinés défectueux
    Remplacement simple d'un digicode existantArticle 24 (entretien/remplacement)600 € à 1 200 € matériel et poseTrès faible (changement de code périodique)

    Pour un interphone vigik en copropriété, le prix final dépendra essentiellement du choix entre la rénovation filaire lourde et la souscription à une solution GSM. Si la copropriété compte de nombreux logements, la technologie GSM réduit l'investissement initial mais alourdit les charges courantes au fil des années.

    Sécurité de l'immeuble et valorisation patrimoniale

    Au-delà de la sérénité offerte aux résidents, des équipements de fermeture fonctionnels et dissuasifs améliorent l'attractivité locative et marchande des appartements. Lors de la revente, les acquéreurs examinent attentivement la tenue des parties communes, la présence d'un contrôle d'accès opérationnel et la maîtrise des charges de copropriété.

    Pour autant, la sécurité intrinsèque d'un immeuble ne s'envisage jamais indépendamment de son quartier. Si vous projetez d'acheter un bien immobilier ou d'évaluer la qualité de vie d'un secteur, vous pouvez générer un rapport complet d'adresse pour explorer les indicateurs environnementaux, les données de l'INSEE et les statistiques locales de tranquillité publique. Vous pouvez aussi définir vos critères prioritaires sur notre module dédié au quartier idéal pour cibler les zones qui répondent exactement à vos exigences. Pour comprendre notre méthodologie d'analyse territoriale issue de sources officielles, découvrez comment ça marche.

    À retenir sur la sécurisation des copropriétés

    • Légalité stricte : les caméras ne doivent filmer que les parties communes privatives nécessaires à la sécurité, jamais les portes de logements ni la voie publique.
    • Majorité de vote : l'installation initiale d'un réseau de vidéosurveillance ou d'un interphone relève de l'article 25 (majorité absolue), avec possibilité de second vote à l'article 24 via l'article 25-1.
    • Réglementation CNIL : la durée de conservation des images ne peut pas excéder 30 jours, un affichage informatif est obligatoire, et l'accès aux enregistrements est strictement réservé aux personnes désignées.
    • Arbitrage technique : l'interphonie GSM diminue les coûts de pose mais impose un abonnement mensuel, à l'inverse du câblage filaire plus lourd à l'achat mais sans redevance d'usage.

    Questions fréquentes

    Quelle est la majorité pour voter des caméras en copropriété ?

    L'installation de caméras se vote à la majorité absolue de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (plus de 50 % des tantièmes de la copropriété). Si la proposition n'obtient pas la majorité mais recueille au moins un tiers des voix, un second vote immédiat à la majorité simple de l'article 24 est possible grâce à l'article 25-1.

    Peut-on filmer le palier d'un étage en copropriété ?

    En règle générale, la CNIL s'oppose à l'installation de caméras filmant directement les paliers d'étages, car elles risquent d'enregistrer les allées et venues des occupants devant leurs portes privatives. Seuls les accès généraux, locaux vélos, entrées de parkings et halls d'accueil peuvent être équipés, sous réserve de proportionnalité.

    Combien de temps le syndic peut-il garder les enregistrements vidéo ?

    Conformément aux préconisations de la CNIL, les bandes d'enregistrement ne peuvent pas être conservées au-delà de 30 jours. La plupart des copropriétés paramètrent un effacement automatique au bout de 8 à 15 jours, ce qui est généralement suffisant pour signaler un sinistre ou une dégradation.

    Qui a le droit de visionner les images de surveillance d'un immeuble ?

    Le visionnage des images est strictement limité aux personnes habilitées mandatées par le syndicat des copropriétaires, le plus souvent le gestionnaire du syndic ou des membres du conseil syndical nommément autorisés par l'assemblée générale. Les vidéos ne peuvent être extraites qu'en cas d'incident et transmises aux forces de l'ordre.

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